
Le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine estime que l’annonce, lors du Comité interministériel Grand Paris réuni le 15 octobre, d’une prochaine fusion de l’Epadesa et DeFacto constitue, pour le gouvernement, un aveu d’échec. Patrick Devedjian fustige un Etat « qui veut tout commander et ne rien payer ». Lire l'article
Comment réagissez-vous à l’annonce par le gouvernement de sa volonté de fusionner au 1er janvier 2017, l’Etablissement public d’aménagement de La Défense Seine-Arche (Epadesa) avec Defacto ?
Ce gouvernement est le champion des usines à gaz. La gouvernance de La Défense en sera une de plus. Le plus sidérant dans cette affaire, c’est son incapacité à tenir une ligne, ce sont ces allers-retours permanents. Je rappellerai qu’en janvier 2014, il a été décidé de changer déjà le mode de gouvernance de La Défense par un transfert de compétences au profit de l’Etat. La décision annoncée aujourd’hui constitue donc un aveu d’échec. Il s’agit en outre d’un retour en arrière, puisqu’en 2007, tout le monde avait considéré que l’Epadesa n’était pas à même de régler l’entretien de la dalle de La Défense, comme il l’a démontré pendant les 50 dernières années, au risque de sa fragilité.
L’objectif du gouvernement consiste à accroître la contribution financière des communes, notamment Courbevoie et Puteaux ?
C’est hors de question. Pour une raison simple : qui paie commande. L’Etat ne veut rien payer, tout commander, sans ne jamais rien décider.
Quel regard portez-vous sur l’annonce de la quinzaine de sites qui vont ou pourraient faire l’objet d’une opération d’intérêt national (OIN) ?
Le gouvernement a dit expressément qu’il s’agissait ainsi de faire plier les maires et forcer l’opinion de la population, très majoritairement hostile à la densification. Je rappellerai simplement que la région parisienne est aujourd’hui déjà deux fois plus dense que la métropole londonienne. Alors que chacun se plaint tous les jours des méfaits de la pollution, on veut densifier encore, au mépris des élus et de la population. Ces opérations d’intérêt national constituent un procédé anti-démocratique.
Le gouvernement a indiqué lors du CIM que le financement d’Eole à l’ouest devait être « clarifié », indiquant que la participation des conseils départementaux, dont les Hauts-de-Seine, était insuffisante…
C’est une responsabilité de l’Etat qui, là encore, entend tout ordonner et ne rien payer. Il n’est pas question que nous investissions un euro supplémentaire dans ce projet.
Gilles Carrez évoque dans nos colonnes la « pagaille » de l’organisation financière de la métropole du Grand Paris. Vous partagez ce jugement ?
Il a raison. Le budget propre de la métropole s’élève à 65 millions d’euros, grevé de 300 millions par le fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) avant même sa naissance. C’est un enfant surendetté avant d’être né.